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Indépendants24 juillet 2026

Cotisations retraite en portage salarial : pourquoi vous construisez vraiment votre retraite

Comment fonctionnent les cotisations retraite en portage salarial ? Pourquoi vous cotisez au régime général et à l'Agirc-Arrco, et conseils pour les freelances.

Camille
Par CamilleCoach Freelance & Mobilité Internationale

En portage salarial comme en gestion d'activité, vous êtes salarié. Vos cotisations alimentent donc automatiquement la retraite de base du régime général et la retraite complémentaire Agirc-Arrco, exactement comme pour un employé classique. Chaque mois, sans rien faire, vous accumulez des droits sur les deux étages de la retraite française. C'est l'un des avantages les plus sous-estimés de ces statuts, et l'un des plus précieux sur le long terme.

Car la retraite est précisément l'angle mort de beaucoup de freelances installés à leur compte. Nombre d'entre eux découvrent, parfois trop tard, qu'ils ont très peu cotisé pendant des années. On va voir pourquoi, avec des chiffres, et ce que cela change concrètement de passer par le portage ou la gestion d'activité.

L'essentiel

  • En portage et en gestion d'activité, vous cotisez au régime général et à la retraite complémentaire Agirc-Arrco, automatiquement.
  • Un président de SASU qui se verse des dividendes ne valide aucun trimestre et n'acquiert aucun droit à la retraite.
  • Un micro-entrepreneur cotise sur un revenu fortement réduit par l'abattement, ce qui affaiblit sa future pension.
  • En freelance seul (via une EURL ou une SASU) il faut presque toujours ajouter un PER et une complémentaire pour compenser.
  • La gestion d'activité vous donne cette protection sans aucune démarche, et vous laissez libre d'épargner en plus.

Comment fonctionnent les cotisations retraite en portage salarial ?

La logique est simple : votre société de portage ou de gestion d'activité est votre employeur. Elle transforme votre facturation en salaire, prélève les cotisations sociales (part salariale et part patronale) et les reverse aux organismes compétents. Pour la retraite, deux étages sont alimentés en même temps.

Le premier est la retraite de base du régime général, gérée par l'Assurance retraite. Votre pension y sera calculée sur la moyenne de vos 25 meilleures années de salaire, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale. Le second, et c'est là que se loge un avantage majeur, est la retraite complémentaire Agirc-Arrco, obligatoire pour tous les salariés du privé. Elle fonctionne par points : chaque cotisation achète des points, convertis en pension le moment venu. Ce second étage représente une part très significative de la retraite d'un cadre, et il s'acquiert ici sans le moindre arbitrage de votre part.

Autrement dit, vous bénéficiez du même régime de retraite qu'un salarié en CDI, tout en travaillant comme un indépendant. C'est exactement ce qui manque, ou ce qui coûte cher à reconstituer, quand on exerce seul.

L'angle mort des indépendants : la retraite qu'on ne construit pas

Travailler à son compte avec sa propre structure offre de la liberté, mais déplace toute la responsabilité de la retraite sur vos épaules. Et selon le statut, le résultat va de « faible » à « inexistant ».

Le président de SASU qui se verse des dividendes

C'est le cas le plus brutal. Pour limiter ses cotisations, un grand nombre de présidents de SASU se versent un salaire minimal et récupèrent l'essentiel de leurs revenus en dividendes. Or les dividendes ne sont pas des revenus d'activité : ils ne sont pas soumis à cotisations sociales et ne valident aucun trimestre, n'acquièrent aucun point Agirc-Arrco, n'ouvrent aucun droit à la retraite. Sur le papier, cette stratégie fiscale est séduisante. Vingt ans plus tard, la pension est dramatiquement faible.

Pour seulement valider ses quatre trimestres annuels en 2026, un président de SASU doit déjà se verser environ 7 128 € de salaire brut, et ce minimum ne construit qu'une pension proche du plancher. Pour une vraie retraite, il faut un vrai salaire, donc des cotisations élevées que la plupart cherchent justement à éviter. Le piège se referme souvent sans bruit. Les avantages et inconvénients de la SASU méritent d'être lus en gardant ce point en tête.

Le micro-entrepreneur

La micro-entreprise fait cotiser, mais sur une base amputée. Vos droits se calculent à partir de votre chiffre d'affaires après abattement forfaitaire, soit 34 % pour une activité libérale (BNC), 50 % pour des prestations BIC et 71 % pour de la vente. En clair, un développeur qui facture 40 000 € ne cotise que sur environ 26 400 € une fois l'abattement appliqué. Pour valider quatre trimestres en 2026, il faut réaliser au minimum autour de 10 800 € de chiffre d'affaires en BNC, 14 000 € en prestations BIC ou 24 500 € en vente.

On valide donc facilement ses trimestres, mais la pension reste modeste, car la base cotisée est faible et la complémentaire des indépendants nettement moins généreuse que l'Agirc-Arrco. C'est l'un des points souvent négligés par ceux qui veulent devenir freelance sans créer de société.

Le gérant d'EURL

En EURL, le gérant relève du régime des travailleurs non salariés. Les droits sont meilleurs qu'en micro si la rémunération est correcte, mais la complémentaire indépendants reste en retrait par rapport à l'Agirc-Arrco, et il faut piloter soi-même ses versements. Là encore, compléter par de l'épargne devient quasi obligatoire.

Comparaison chiffrée : trois consultants, un même revenu

Prenons trois consultants exerçant la même activité, autour de 60 000 € de revenus annuels, sur une carrière. L'exemple est illustratif, mais il montre l'écart structurel.

Cotisations retraite portage - Table.png

Le constat est sans appel. À revenu équivalent, c'est le statut de salarié qui construit la retraite la plus complète, et c'est le seul des trois où la retraite complémentaire de cadre est intégrée d'office. Pour visualiser ce que cela donne sur votre fiche de paie, comparez votre revenu net et brut et regardez le calcul du salaire en gestion d'activité.

« J'ai gagné en impôts, pas en retraite »

C'est le regret que formulent beaucoup de freelances expérimentés. Pendant des années, l'objectif est de payer le moins de charges possible, et le réflexe dividendes ou micro-entreprise fonctionne très bien pour cela, à court terme. Le problème n'apparaît qu'au moment de demander sa retraite, quand le relevé de carrière révèle des trimestres manquants et une complémentaire quasi vide. À ce stade, il est trop tard pour rattraper vingt ans de cotisations.

C'est l'une des raisons pour lesquelles des consultants choisissent de basculer vers un statut salarié. Le parcours de Nicolas, passé de la SARL à Hightekers, illustre ce type d'arbitrage, où la sécurité long terme finit par peser plus lourd que les gains immédiats. Préparer sa retraite reste possible en solo, mais cela demande de la méthode et de la discipline, comme le détaille notre guide pour bien préparer sa retraite en freelance.

Seul, il faut presque toujours un PER et une complémentaire

Voilà la conséquence directe. Quand on exerce via sa propre société, surtout en se rémunérant en dividendes, la seule façon de se constituer une vraie retraite consiste à acheter des produits d'épargne dédiés : un Plan d'Épargne Retraite (PER), une assurance-vie, parfois une retraite complémentaire facultative. Ces solutions sont utiles, mais elles ajoutent un coût, une décision d'investissement et un risque de marché. Surtout, elles reposent entièrement sur votre capacité à mettre de côté avec régularité, année après année, ce que peu de gens parviennent à tenir.

En portage et en gestion d'activité, la complémentaire de cadre est déjà là, intégrée et obligatoire. Vous pouvez toujours ajouter un PER si vous le souhaitez, mais par choix, pas par nécessité de combler un trou. La différence entre « je dois épargner pour ne pas finir avec une retraite minuscule » et « j'épargne en plus d'une retraite déjà solide » est considérable.

Au-delà de la retraite : le reste du filet de sécurité

L'avantage retraite ne vient pas seul. En tant que salarié porté ou en gestion d'activité, vous bénéficiez aussi des droits au chômage, d'une prévoyance et de garanties complémentaires, d'un accès facilité au crédit immobilier et d'une couverture en cas d'arrêt de travail. Le tout sans gérer d'entreprise, ce qui vous épargne aussi la lourdeur administrative qui pousse tant de consultants à externaliser leur gestion.

C'est précisément la promesse de la gestion d'activité telle que la propose Hightekers, distincte du portage salarial classique mais reposant sur le même socle salarié, et pensée pour être plus avantageuse. Selon sa grille, vous y gagnez un statut de salarié complet (retraite, chômage, prévoyance), des frais transparents à partir de 5 % par facture et un revenu net qui peut atteindre 70 à 72 % de votre facturation, contre environ 48 % en portage classique. Vous construisez donc une retraite solide tout en conservant un net élevé, là où le dirigeant de société doit choisir entre les deux.

Pour chiffrer votre cas précis, simulez votre revenu net et explorez les avantages membres.

La retraite se construit en silence, sur toute une carrière, et c'est souvent ce qui la rend facile à négliger quand on est indépendant. Le portage et la gestion d'activité règlent la question à la racine : vous cotisez comme un salarié, sur les deux étages, sans y penser. Avant d'arbitrer entre gain fiscal immédiat et sécurité long terme, prenez le temps de simuler votre revenu net et de mesurer ce que vous construisez, ou non, pour plus tard.

Foire aux questions - Retraites et portage

Camille
CamilleCoach Freelance & Mobilité Internationale

Camille, spécialiste du freelancing, accompagne les indépendants qui cherchent à développer leur carrière en France ou à l'étranger. Basée dans la charmante ville de Lyon, elle utilise son expertise de la législation française et internationale pour mettre en relation les consultants qualifiés dans de nombreux domaines. Lorsqu'elle ne travaille pas, Camille est passionnée de randonnée dans les Alpes françaises et aime découvrir les librairies cachées dans les villes qu’elle visite.

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