Le CDD portage salarial est un contrat à durée déterminée qui vous lie à une société de portage le temps d'une prestation menée chez un client, avec des règles strictes sur la durée et la rémunération.
Il s'adapte bien à une mission dont l'échéance est connue, nettement moins à une activité faite de prestations successives, parfois sur plusieurs années.
Ce qu'il faut retenir
- Au total, la durée ne dépasse pas 18 mois, deux renouvellements inclus. Un report de 3 mois maximum reste possible, pour prospecter de nouveaux clients.
- Côté salaire, le plancher va de 63 % à 85 % du plafond de la Sécurité sociale selon le profil, et une indemnité de fin de contrat de 10 % s'ajoute à l'échéance.
- Le salarié cotise à l'assurance chômage et peut, sous conditions, cumuler l'ARE avec son activité. Dès que les clients se multiplient ou que la mission dure, le CDI devient souvent plus pertinent.
Qu'est-ce qu'un CDD en portage salarial ?
Le salarié porté signe son CDD avec la société de portage, qui l'emploie le temps d'une prestation réalisée chez un client. Il démarche lui-même ses clients, négocie le tarif et les conditions de la mission, puis informe la société de portage de l'avancement de son activité, au minimum une fois par mois.
Deux contrats coexistent en portage salarial. Le premier est le contrat de travail, CDD ou CDI, signé entre vous et la société de portage. Le second est un contrat commercial, conclu entre cette société et votre client pour encadrer la prestation. Si ce contrat commercial s'arrête, votre contrat de travail n'est pas rompu pour autant.
Quelle est la durée maximale d'un CDD en portage salarial ?
La loi limite le CDD en portage salarial à 18 mois, renouvellements inclus (articles L1254-12 et suivants du Code du travail). Le contrat peut être renouvelé deux fois. Ces conditions sont prévues dès le départ dans le contrat, ou ajoutées par un avenant que le salarié reçoit avant l'échéance.
Il existe toutefois une exception : le terme peut être repoussé de 3 mois maximum, si la société de portage et le salarié en conviennent, afin que celui-ci prospecte de nouveaux clients.
Le contrat peut prendre deux formes :
- à terme précis : la date de fin est fixée dès la signature ;
- à terme imprécis : la fin dépend de l'aboutissement de la prestation, ce qui impose de prévoir une durée minimale.
Autre plafond, valable pour tous les contrats : 36 mois pour une prestation chez un même client. Une société de portage qui ne respecte pas les durées maximales du CDD s'expose à une amende de 3 750 €.
Si la mission doit durer plus de 18 mois, elle peut se poursuivre en CDI, toujours dans la limite de 36 mois chez le même client.
Que doit contenir le contrat de travail ?
Le CDD doit être rédigé par écrit et comporter la mention « contrat de travail en portage salarial à durée déterminée ». Le salarié en reçoit un exemplaire dans les 2 jours ouvrables qui suivent sa conclusion.
Il doit aussi préciser :
- la date de fin et la clause de renouvellement, si le terme est précis ;
- comment sont calculés et payés la rémunération, l'indemnité d'apport d'affaires, les frais de gestion, les charges et les éventuels frais professionnels ;
- la durée de l'essai et le régime des congés payés ;
- le garant financier qui couvre la société de portage.
Les règles classiques du CDD s'appliquent : période d'essai, indemnité compensatrice de congés payés, rupture anticipée, indemnité de fin de contrat. L'essai dure un jour par semaine pour un CDD de six mois ou moins, sans dépasser deux semaines (article L1242-10). Au-delà de six mois, il est plafonné à un mois.
Quelle rémunération minimale en CDD portage salarial en 2026 ?
La rémunération minimale dépend de la classification du salarié porté, définie par la convention collective de branche. Elle s'exprime en pourcentage du plafond de la Sécurité sociale : -** 63 %** pour un salarié porté de premier niveau, sans expérience préalable dans son domaine ;
- 70 % pour un salarié porté junior (moins de trois ans d'ancienneté en portage, hors forfait jours) ; -** 75 %** pour un salarié porté senior (trois ans d'ancienneté ou plus, hors forfait jours) ;
- 85 % pour un salarié porté expert, tel que défini par la convention collective.
Ce plancher regroupe le salaire de base, l'indemnité de congés payés et l'indemnité d'apport d'affaires de 5 %. Le montant en euros dépend du plafond de référence retenu pour le calcul : demandez-le à votre société de portage avant de signer.
En fin de contrat, le salarié en CDD perçoit une indemnité de fin de contrat. Elle est égale à 10 % de la rémunération brute totale versée pendant le contrat (article L1243-8 du Code du travail) et n'est pas due si le CDD se poursuit par un CDI.
Quels droits pour un salarié porté en CDD ?
Le salarié porté en CDD relève du régime général des salariés. Il bénéficie de l'assurance chômage et peut cumuler l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) avec les revenus de son activité portée, sous conditions fixées par France Travail. Ses cotisations retraite sont prélevées sur sa rémunération comme pour tout salarié.
Il a aussi accès à la formation : le CPF, la VAE ou un bilan de compétences. La société de portage lui envoie chaque mois un relevé détaillé de son compte d'activité. Côté impôts, le guide sur la déclaration des impôts en portage salarial détaille la marche à suivre.
CDD ou CDI en portage salarial : lequel choisir ?
Le CDD est pensé pour une mission ponctuelle chez un client, dont la fin est prévue ou la durée minimale définie dès la signature.
Le CDI en portage salarial fonctionne différemment : il enchaîne autant de prestations que nécessaire, chez un ou plusieurs clients. Il ne s'arrête pas avec la fin d'une mission. Entre deux missions, une réserve financière alimentée à hauteur de 10 % du salaire de base de la dernière prestation, inscrite sur le compte d'activité, prend le relais.
En CDD, la protection équivalente est l'indemnité de fin de contrat, versée en une fois à l'échéance.
Trois critères aident à trancher :
- la durée de la mission : un CDD ne peut pas dépasser les durées légales, une mission plus longue suppose de respecter le cadre légal et, le cas échéant, de conclure un CDI ;
- le nombre de clients : un CDD est conclu pour une prestation déterminée, un CDI peut couvrir plusieurs prestations ou plusieurs clients ;
- la visibilité sur la suite : sans mission suivante identifiée, le CDI évite de renégocier un contrat à chaque échéance.
Choisir le bon contrat pour votre mission
Le CDD portage salarial répond à un besoin précis : une prestation unique, encadrée dans le temps, avec une rémunération minimale garantie et une indemnité de fin de contrat.
Si la mission s'allonge ou si l'activité s'étend à d'autres prestations, un CDI peut être plus adapté. Avant de signer, vérifiez la durée, la classification, les modalités de renouvellement et le mode de calcul de la rémunération dans le contrat.
Chez Hightekers, un interlocuteur dédié vous accompagne de la signature de votre contrat à la fin de chaque mission. Nous gérons contrats, facturation et paie, et vous bénéficiez de la protection d’un salarié. Avant de vous engager, estimez votre rémunération avec notre simulateur de salaire.
Foire aux questions
Comment fonctionne le portage salarial dans le cadre d'un CDD ?
La société de portage vous embauche en CDD pour la durée d'une mission précise, que vous avez trouvée vous-même. Elle facture le client, vous verse votre salaire et gère l'administratif ; à la fin du contrat, vous percevez une indemnité de 10 %.
Quelle est la différence entre CDD et CDI en portage salarial ?
Le CDD est lié à une seule prestation et plafonné à 18 mois, avec une indemnité de fin de contrat de 10 %. Le CDI n'a pas de limite de durée, peut couvrir plusieurs clients et prévoit une réserve financière de 10 % pour les périodes entre deux missions.
Peut-on toucher le chômage après un CDD en portage salarial ?
Oui, sous conditions. Les salariés portés bénéficient de l'assurance chômage et peuvent cumuler l'ARE avec les revenus de leur activité portée. L'ouverture des droits et leur montant dépendent des critères appliqués par France Travail.


